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Bulletin n° 20 - Sous les feux de la rampe 2

jeudi 4 décembre 2014, par Manu

L’agroécologie face au changement climatique

Le changement climatique n’est pas une préoccupation récente. La recherche et les débats à gogo, le secteur de l’environnement trémulent à différents niveaux à l’approche de quelque convention ou protocole. Avant et après les évènements - les rapports sont mis en page, les réticences et les désaccords sont enregistrés et les objectifs de réduction d’émission affluent. Il est primordiale que les nations s’accordent sur des traités internationaux et considèrent, de concert, ce qui peut être fait pour limiter les émissions et gérer la température mondiale ainsi que ses effets sur notre planète. C’est primordiale parce qu’en renforçant l’engagement mondial, nous devons renverser les effets inexorables du changement climatique. Ce n’est pas seulement faisable mais aussi économiquement viable et bénéfique.

Le changement climatique est une affaire complexe : Il impacte et est impacté par des questions mondiales, y compris la nourriture, le commerce, la pauvreté, le développement économique, la croissance démographique, le développement durable et la gestion des ressources. Stabiliser le climat est un défi de taille qui exige organisation et progression par étape dans la bonne direction. Il n’en reste pas moins que les plus grosses questions restent ; non seulement le « combien » mais aussi le « comment » - comment réduire ces émissions, comment produire suffisamment de nourriture saine et comment produire de l’énergie propre ?

Des solutions de mitigation émanent de tous les domaines sous forme de nouvelles technologies, d’énergie renouvelable propre et même de changements de pratiques de gestion. L’agroécologie est une de ces pratiques qui se préoccupe du « comment » atténuer et s’adapter au changement climatique. L’incertitude de l’augmentation des températures, les schémas pluviométriques inhabituels, la sécheresse et l’émergence d’organismes nuisibles et de maladies exigent une forme d’agriculture qui résiste et un système de production alimentaire qui étaye le transfère des connaissances locales et soutien les expériences en exploitation pour construire une bonne adaptabilité de l’agriculteur. La majorité des activités d’adaptation au changement climatique sont fondées sur des pratiques biologiques. Les systèmes de production biologiques sont le meilleur exemple - et le plus répandu - d’une agriculture à basses émissions. Les systèmes biologiques sont plus endurants que leur pendant industriel en terme de résistance aux chocs et tensions environnementaux - y compris la sécheresse et les inondations.

L’agriculture conventionnelle émet un taux élevé de carbone suite à l’utilisation à outrance de combustibles fossiles et détruit la biodiversité. Pour l’agriculture, l’idée est d’évoluer vers des modèles agroécologiques de production qui permettent une forte économie de combustibles fossiles, présente un excellent potentiel d’atténuation par le renouvellement du sol, de la faune et de la flore et a la flexibilité ainsi que la diversité requise pour s’adapter à des changements de conditions. En fait, l’agriculture peut contribuer au refroidissement de la planète de trois manières : en réduisant l’utilisation de combustibles fossiles (en réduisant et/ou éliminant complètement les intrants chimiques et de synthèse ainsi que leur production) et des engins et moyens de transport utilisant un combustible fossile. L’effet sur la biodiversité sera ainsi positif et ralentira l’émission de carbone biotique.

L’agroécologie peut grandement influencer de manière positive le changement climatique en construisant :
* La résilience de l’agro-écosystème qui considérerait cohérence et durabilité des récoltes - même et surtout - avec le changement climatique ;
* La résilience des revenus qui parviendrait à diversifier les options de revenu par l’élevage de volailles, bétail, la pisciculture, etc.
Ceci aide également à la décrocher les pratiques agricoles de la volatilité et de l’instabilité des marchés tout en conservant les atouts sur l’exploitation et en réduisant ou éradiquant la dépendance aux intrants.

L’agroécologie en petite exploitation est non seulement une réponse efficace au défis agricoles complexes mais aussi un moyen peu coûteux pour augmenter les rendements sans apport extérieur à l’exploitation. De plus elle n’exige pas beaucoup de travail supplémentaire, elle est à basse émission et permet un contrôle local sur les décisions de production. Elle offre ainsi un choix de souveraineté alimentaire par rapport à la mono-culture actuelle pour enrailler la crise alimentaire. Plusieurs caractéristiques que l’on retrouve dans des espèces locales ou indigènes gagnent en importante au fur et à mesure que le changement climatique altère l’environnement et affecte les produits. Les graines et récoltes locales ont une meilleure chance de survie dans leur propre milieu face au changement des conditions climatiques. Leur protection, avec celle du savoir-faire local, sont essentiels à leur gestion ainsi que leur élevage et vitale à notre future subsistance.