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Bulletin n° 33 - Les enfants et la Souveraineté Alimentaire

L’écho des campagnes

vendredi 2 février 2018, par Manu

L’écho des campagnes : Témoignages d’enfants appartenant à des communautés de producteurs d’aliments

COLOMBIE

Je m’appelle Juan Simón Briceño Ávilaet j’ai 7 ans. Je viens de la ville de Barinitas au Venezuela. Maintenant nous habitons dans un petit village appellé Brasil à Viotá, Cundinamarca en Colombie. Nous habitons à la campagne et ça me plait de vivre ici, parce que je suis libre de me promener et jouer. Mon jeu préféré est les garçons superhéros, et je joue au football avec mes amis de l’école. Mon plat favori est la salade d’œuf, avec de la laitue et des carottes. Les œufs viennent des poules qu’on garde dans le poulailler derrière la maison. Les laitues viennent de graines qu’on plante dans notre potager, et les carottes viennent aussi de graines qu’on plante dans notre potager. Les laitues sont prêtes à être cueillies quand elles sont bien grosses et ont beaucoup de feuilles, et les carottes sont prêtes quand elles ont de grandes feuilles et la tige fait surface (le collet de la carotte). J’aime cette salade parce que je sais comment la préparer, mais comment je la prépare est un secret.

Pour les tâches à la maison, j’aime donner le maïs aux poules, mais il y a des fois où en allant chercher les œufs je les fais tomber, et parfois ils se cassent. Je nourris aussi les lapins. Nous avons deux lapins : Ramona et Pepe. Ramona a un bon caractère mais Pepe n’aime pas être câliné. Ils aiment beaucoup les feuilles d’une plante qu’on appelle l’Oseille Crépue, mais il y a une autre plante qu’on ne leur donne pas parce que ce n’est pas bon pour eux. Ses feuilles sont plissées et vert foncées. Je plante aussi du maïs doux et des haricots avec ma maman. Les deux sont multicolores, comme un arc-en-ciel, et je plante des pommes de terre avec mon papa et mon petit frère Martin. Nous aimons planter plein de choses différentes, comme ça nous avons toujours des choses à manger.

ESPAGNE

Je m’appelle Salome Schranz Moreno et j’ai 12 ans. Je vais à l’école Doce Olivos d’Orgiva à Alpujarra (Grenade, Andalousie). Ma famille et nos amis allons travailler notre jardin dans un projet de potager collectif. Il y a quelques jours, nous y sommes allés pour une raison particulière : des mauvaises herbes avaient poussé dans le potager et nous empêchaient de planter. Alors nous avons décidé d’y faire une « torna peón* » pour accélérer les choses. J’ai pris en charge les enfants parce qu’ils ont tous entre 3 et 6 ans, et moi j’ai 12 ans.

Pendant que les mamans et papas se sont mis à désherber, je me suis occupée des petits. Je leur ai d’abord raconté des histoires et ensuite nous sommes allés dans un parc pas loin. Nous avons joué, ri et nous sommes bien amusés. L’heure du dîner a fini par arriver. Nous sommes retournés au potager pour manger. Il y avait une omelette et toutes sortes de plats avec des légumes. Nous avons mangé, et en avons bien profité.

Nous allons aussi à ce potager pour faire d’autres choses, comme semer et planter. Ma maman, mon papa, nos amis Yvon et Raúl, mon frère et moi sommes allés récolter des olives, même mon frère qui a 3 ans. Quand nous récoltons, nous le faisons de 10 heures le matin jusqu’à 17 ou 18 heures le soir. Dee 10h à 10h30, nous préparons le filet. De 10h30 à 13h30, nous récoltons. De 13h30 à 14h30 nous nous reposons et mangeons et enfin de 15h à 17 ou 18h nous continuons à récolter. Après plusieurs jours, nous amenons les olives au pressoir et ensuite nous partageons l’huile.

* El torna peón : quand quelqu’un offre de l’aide à un ami sur leur potager ou ferme, et après avoir était aidé, l’ami offre à son tour son aide à ses compagnons.

PHILIPPINES

Elsa Novo, présidente du NKP (Aeta Womens Federation) et Fernando Luis, directeur régional du Peoples Development Institute (PDI) ont mené des interviews basés sur trois questions (1) Quels sont vos plats préférés ; (2) Quelles tâches dans la production alimentaire aimez-vous le plus ? ; (3) Quels sont les jeux et endroits préférés pour jouer et s’amuser ? Ils ont interrogé 10 enfants autochtones Aeta à Zambales, âgés entre 7 et 13 ans, 5 garçons et 5 filles respectivement.
Mlle Elsa Novo, présidente de la Fédération des femmes des peuples autochtones Aeta dans l’est du Barangay du Mont Pinatubo, Municipalité de Botolan a animé l’atelier sur les dessins, tandis que Fernando Luis a noté les réponses lors des interviews.

Parmi les dix enfants, six d’entre eux ont indiqué aimer les plats de viande philippins comme le porc sinigang, le porc adobo et le poulet adobo tandis que les quatre autres ont dit aimer les fruits et les plats de légumes philippins comme le pinakbet, le kare-kare et autres.
A la deuxième question, concernant les activités agricoles, quatre enfant ont répondu aimer planter des légumes, des tubercules et des légumineuses, deux ont dit aimer arroser les plantes et les deux autres préferer le désherbage. Un enfant Aeta a précisé aimer labourer et l’autre travailler en jachère.
Sur la question des jeux, trois d’entre eux ont dit aimer jouer au basketball et au badminton. Sept enfants Aeta ont indiqué aimer les jeux traditionnels comme le cache-cache ou encore le jeu de l’élastique chinois.

L’écho des campagnes 4 : Allaitement et souveraineté alimentaire pour les nourrrissons et jeunes enfants – expérience en Inde

Dr. JP Dadhich MD, FNNF [1]

La Stratégie mondiale pour l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant recommande l’allaitement exclusif pendant les six premiers mois de la vie et l’allaitement maternel pendant un minimum de deux ans en complément d’une alimentation adaptée après six mois. L’allaitement maternel est une méthode durable et souveraine pour apporter nourriture et nutrition aux nourrissons et jeunes enfants, essentiel à la survie, à la santé et au développent des enfants et à la santé de leurs mères.

En Inde, environ 25 millions de bébés naissent chaque année et seulement 41.6% d’entre eux sont allaités dans l’heure suivant la naissance. Par ailleurs, 54.9% des nourrissons de moins de six mois sont exclusivement allaités et seulement 67.5% des enfants sont encore allaités à 20-23 mois [2]. Cela veut dire qu’une large proportion d’enfants de moins de deux ans sont privés de leur droit de recevoir une source d’alimentation souveraine et sont dépendant de produits fabriqués et commercialisés. Ceci est particulièrement sérieux pour les enfants de mois de six mois pour qui le lait maternel est le seul aliment recommandé.

La raison sous-jacente de la condition déplorable des pratiques en matière d’allaitement est une action extrêmement lente ces dix dernières annéessur diverses politiques et programmes relatifs à l’alimentation des nourrissons et jeunes enfants. Le rapport du World Breastfeeding Trends Initiative (WBTi [3]) met en évidence la nécessité de mettre en œuvre la loi pour la protection effectivede l’allaitement maternel (Acte IMS [4]), de rendre universel la protection de la maternité, d’offrir l’accès à des services de conseil sur l’allaitement par des professionnels formés et qualifiés à toutes les femmes enceintes et allaitantes, y compris lors de circonstances exceptionnelles telles que urgences et VIH, ainsi qu’un système efficace de contrôle et d’évaluation des programmes d’allaitement.


[1Directeur – Technical, Breastfeeding Promotion Network of India (BPNI) et membre, International Baby Food Action Network (IBFAN) Global Council

[4The Infant Milk Substitutes, Feeding Bottles and Infant Foods (Regulation of Production, Supply and Distribution) Act, 1992 as Amended in 2003 (IMS Act)