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Bulletin n° 43 - Souveraineté alimentaire en temps de pandémie

Encadres

lundi 31 mai 2021, par Manu

Encadré 1 : COVID- 19 souligne pourquoi les chaînes mondiales d’approvisionnement alimentaire contrôlées par des entreprises doivent disparaître

La pandémie du COVID-19 a montré la fragilité des chaînes mondiales d’approvisionnement alimentaire qui ont de manière croissante dominé la production et la distribution alimentaires autant dans le Nord que dans le Sud au niveau mondial. La chaîne s’est déjà brisée dans l’un de ses maillons les plus critiques : le travail des migrants. Les travailleurs ont été victimes du COVID-19 du fait qu’ils n’avaient pas le matériel de protection de base , comme des masques, et qu’ils travaillent dans des conditions de surpeuplement qui se moquent des règles de distance sociale. Mais la chaîne d’approvisionnement mondial n’est pas seulement menacée par des problèmes au niveau de la production et de la transformation mais aussi par des goulets d’étranglement au niveau du transport et en particulier dans des centres comme Rosario, en Argentine, en raison de la peur des gens de ce que le transport de longue distance soit un transmetteur majeur du virus. La crise alimentaire mondiale de 2007-2008 aurait dû souligner la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement mondiales contrôlées par des entreprises mais elles se sont étendues davantage.

Quels changements du système alimentaire mondial s’imposent à nous suite à cette débâcle du COVID -19 ? La mesure, sans doute la plus importante, est de rendre la production alimentaire dans les mains de systèmes durables de petits producteurs locaux. De plus, la production locale, moins intensive en carbone, est meilleure pour le climat que la production basée sur des chaînes d’approvisionnement.
Les technologies de l’agriculture paysanne traditionnelle et autochtone devraient être respectées car elles sont pleines de sagesse et représentent l’évolution d’un équilibre largement favorable entre la communauté et la biosphère. On dit qu’il ne faut pas rater l’occasion d’une bonne crise. Le bon côté de la crise du COVID-19 est l’opportunité qu’elle représente pour la souveraineté alimentaire.

L’article complet se trouve sur : https://www.tni.org/files/publication-downloads/web_covid-19.pdf

Encadré 2 : Relocalisation des systèmes alimentaires et agroécologie, les pistes à suivre

La crise du COVID-19 a démontré la résilience des systèmes alimentaires locaux et des filières courtes d’approvisionnement. Ceux-ci sont davantage capables d’innover en temps de crise tout en nourrissant les gens avec des aliments locaux et sains sans être dépendants d’un grand nombre de liens dans la chaîne d’approvisionnement.

Les initiatives les plus efficaces pour lutter contre les crises du COVID sont nées de diverses communautés locales organisées à différents niveaux, travaillant parfois avec des instances gouvernementales coopérantes et des autorités publiques. Elles ont mobilisé et organisé la distribution de parcelles de terre, de repas cuisinés, livrés des biens essentiels, du matériel de protection sanitaire, des semences, des intrants de production et d’autres aides de subsistance pour les familles et les communautés vulnérables, dans leur propre pays tout comme dans d’autres pays et régions.

Dans chaque région, les fermes familiales, les pêcheurs, les organisations de consommateurs ont créé et renforcé des liens directs entre l’agriculture communautaire (AMAP), les pêcheries communautaires ainsi que des livraisons directes aux ménages, l’extension de coopératives alimentaires et les programmes sociaux. Là où c’était possible, les producteurs ont utilisé des plateformes en ligne pour vendre leur produit en direct. Des plans d’aide mutuelle comme les soupes populaires jusqu’aux AMAP et cliniques communautaires ont aidé à pallier la faim et la pauvreté.

Les propositions les plus importantes pour un changement systémique exigées par ces communautés sont : l’agroécologie et la relocalisation des systèmes alimentaires - encourageant la production agroécologique-, l’économie sociale et la protection sociale, la vente en coopérative et les circuits courts d’approvisionnement, ainsi que l’assurance d’un environnement de travail sûr et le fonctionnement adéquat de marchés alimentaires territoriaux, de même que d’autres moyens de fournir des denrées alimentaires produites localement par de petits producteurs notamment via des marchés publics.