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Bulletin n° 48 - Le processus Nyéléni : Vers un forum global pour la souveraineté alimentaire

Encadres

lundi 20 juin 2022, par Manu

Encadré 1 : Le droit à la souveraineté alimentaire

Le Forum international sur la souveraineté alimentaire à Sélingué, au Mali, en février 2007, a été le début du chemin de Nyéléni pour construire un mouvement mondial pour la souveraineté alimentaire. Le concept de souveraineté alimentaire a été introduit par La Via Campesina (LVC) lors du Sommet international de l’alimentation de 1996, un an après la création de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), avec ses infâmes accords sur l’agriculture, les droits de propriété intellectuelle, la politique industrielle, les normes, et l’investissement. Les mouvements sociaux, les syndicats, les militants et les universitaires savaient que la « sécurité alimentaire » et le « développement » étaient des écrans de fumée pour camoufler l’expansion du pouvoir des entreprises pour laquelle les règles de l’OMC étaient conçues. L’appel à la souveraineté alimentaire était donc autant un rejet de la domination de l’alimentation, de l’agriculture et de l’économie par les entreprises et les marchés, qu’un cri de ralliement pour que les peuples du monde entier revendiquent leur pouvoir d’action, leur autonomie et leur capacité à construire un paradigme de progrès centrés sur les droits de l’homme, la justice et le respect de la planète.

Alors que le concept gagnait le soutien d’un large réseau d’acteurs, dont le Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation [1], LVC s’est associée à d’autres mouvements sociaux et acteurs de la société civile pour convoquer un forum autonome et international afin de développer le principe de souveraineté alimentaire pour différentes circonscriptions et régions, basé sur des expériences et des contextes divers et vécus.

Le premier forum Nyéléni a réuni plus de 500 représentants de plus de 80 pays et de nombreuses circonscriptions pour partager des connaissances et discuter des multiples dimensions de la souveraineté alimentaire, de la terre et de l’eau aux semences, à l’élevage et au travail, reconnaissant le rôle central des femmes. Ces délibérations sont résumées dans la Déclaration de Nyéléni [2] et la Déclaration des femmes sur la souveraineté alimentaire [3]. A Nyéléni en 2007, nous avons commencé à construire un nouveau droit : le droit à la souveraineté alimentaire.

Encadré 2 : L’alliance globale contre l’accaparement des terres

En novembre 2011, nous, paysans, pasteurs, peuples indigènes et leurs alliés nous sommes rassemblés á Nyéléni pour partager nos expériences et combats contre l’accaparement des terres. Nous sommes venus á Nyéléni en réponse á l’Appel de Dakar [4], qui appelle á une alliance contre l’accaparement des terres parce que nous sommes déterminés á défendre la souveraineté alimentaire, les biens communs et les droits des petits fournisseurs alimentaires aux ressources naturelles.

Lors de cette rencontre, nous avons clairement identifié que l’accaparement des terres est une phénomène global mené par les élites et investisseurs locaux, nationaux et internationaux et des gouvernements qui ont pour but de contrôler les ressources les plus précieuses au monde. Les crises financière, alimentaire et climatique globales ont généré une précipitation chez les investisseurs et gouvernements riches pour acquérir et accaparer la terre et les ressources naturelles, puisque ceux-ci sont les seuls "paradis sûrs" qu’il reste et qui garantissent des retours financiers sûrs.

L’accaparement des terres va au-delà des structures impérialistes traditionnelles Nord-Sud ; les transnationales peuvent être basées où que ce soit dans le monde. Il s’agit aussi d’une crise tant dans les zones rurales qu’urbaines. la terre est accaparée en Asie, en Afrique, aux Amériques et en Europe pour l’agriculture industrielle, les plantations de foret, les mines et les projets d’infrastructure, les barrages, le tourisme, les parques de conservation, l’industrie, l’expansion urbaine et des objectifs militaires.

Mais nous ne nous avons pas vaincus. A travers l’organisation, la mobilisation et la cohésion communautaire, nous avons été en mesure d’arrêter l’accaparement des terres dans beaucoup d’endroits. de plus, nos sociétés reconnaissent que la production alimentaire á petite échelle est le modèle le plus durable socialement, économiquement et environnementalement en ce qui concerne l’utilisation des ressources et la garantie du droit á l’alimentation pour tous.

En nous rappelant de l’Appel de Dakar, nous réitérons notre engagement á résister á l’accaparement des terres par tous les moyens possibles, en soutenant tous ceux qui luttent contre l’accaparement des terres et en faisant pression sur les gouvernements nationaux et les institutions internationales pour qu’ils remplissent leurs obligations á assurer et défendre les droits des peuples.